04.04.2012 Société

Retraite et jeunes actifs

Sept Français sur dix se disent préoccupés par la question des retraites*. Et pas seulement les seniors ! De plus en plus de jeunes actifs commencent à épargner dès leur entrée sur le marché du travail.

L’allongement de l’espérance de vie et l’avènement du papy boom ont conduit à envisager et préparer autrement la retraite. Le système actuel par répartition repose sur la solidarité entre les générations. Ceux qui travaillent, y compris ceux qui se lancent dans la vie active, financent les pensions des retraités. Or selon l’INSEE, 16% de la population française a plus de 65 ans. Un bouleversement sociologique auquel le système des retraites est confronté : « Les jeunes se demandent si, au moment où ils arriveront à l’âge de la retraite, le système pour lequel ils auront cotisé sera en mesure de leur fournir les prestations auxquelles ils s’attendent », déclare Raphaël Hadas-Lebel, président du Conseil d’orientation des retraites.
Travailler au-delà de 60 ans
La réforme de 2003, et plus encore celle de 2010, ont changé la perception de l’ensemble des Français : « Chaque classe d’âge semble avoir une vision relativement commune de la retraite, avec une prise de conscience plus grande des difficultés liées à la retraite, explique Patrick Aubert, chef de la division Redistribution et politiques sociales à l’INSEE**. Pour beaucoup, l’âge moyen de départ possible à la retraite sera inéluctablement tardif, sous l’effet des réformes. » Chacun a bien compris qu’il lui faudra travailler au-delà de 60 ans sans la garantie de toucher une retraite dans les conditions actuelles. Les femmes sont plus soucieuses que les hommes, sans doute en raison de parcours professionnels plus fragmentés. Nombre d’entre elles sont ainsi convaincues que le montant qui leur restera ne suffira pas pour vivre correctement.
Une jeune génération lucide
Même lucidité pour les 25-35 ans qui pensent ne pas bénéficier du système actuel de retraites par répartition. Et beaucoup admettent qu’il leur sera impossible de prétendre au même niveau de pension que leurs aînés. Les jeunes actifs sont donc plus prévoyants et se tournent très tôt vers une solution d’épargne complémentaire. Une grande majorité d'entre eux estime qu'il est nécessaire de se constituer un revenu supplémentaire dès l’âge de 28 ans, pour disposer au moment de leur retraite d’un niveau de vie suffisant pour subvenir à leurs besoins. Cependant, le passage à l’acte reste difficile dans le contexte actuel. Quand les priorités sont les problèmes d’emploi, les dépenses courantes ou le remboursement d’un prêt immobilier, mettre de l’argent de côté n'est pas si simple. Se constituer un complément de revenus en continuant d’assurer le quotidien : tout l’enjeu de la retraite pour les jeunes réside dans cette délicate équation.

* Baromètre LH2 «Les Français et leurs préoccupations de la vie quotidienne», septembre 2011.
** Source : INSEE, sur la base de l’enquête barométrique annuelle organisée par la
Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES). Depuis 2000, la DREES interroge chaque année l’ensemble des Français, et parmi eux les jeunes, sur leur opinion et leur vision sur les questions de protection sociale, notamment la retraite.
*** Les cahiers pratiques du patrimoine PM&T 2010.

 

Ils témoignent...

Jackie Lopez, 29 ans, téléconseillère, Corbas (69)

 
« Dès que j’ai commencé à travailler, j’ai continué à me constituer une réserve en cas de difficultés. C’est comme cela que j’envisage la retraite : un coup dur comme un autre auquel il faut se préparer. Je ne fais pas de projets grandioses pour ma retraite. J’aspire juste à une vie modeste et simple, en bonne santé. C’est une préoccupation majeure : je n’aimerais pas devoir renoncer à me faire soigner par manque d’argent. »

Grégoire Bresch, 34 ans, responsable RH dans un laboratoire pharmaceutique, Amilly (28)


« Épargner, c’est ma manière d’anticiper le contrecoup de la perte de revenus. Car je me suis déjà fixé des objectifs, j’arrête de travailler en 2040 ! À 63 ans, j’estime que j’aurai bien mérité de souffler. Il y a un temps pour tout. Ma retraite, je la vois comme une renaissance, le début d’une nouvelle vie où je pourrais me consacrer à mon entourage et à moi-même. »

Catherine Brias, 28 ans, nourrice à domicile, Sathonay-Camp (69)


« Je dois l’avouer : je suis inquiète pour l’avenir. Je me pose beaucoup de questions. Quand je vois mon père, commerçant, qui est toujours en activité à 68 ans passés, je ne m’imagine pas continuer à travailler jusqu’à 70 ans ! À la retraite, je pourrai enfin lever le pied. J’aimerais juste être encore suffisamment en bonne santé pour pouvoir en profiter pleinement. »

 

Voir les autres articles
sante et prevoyance
Ressources Humaines
Carrière

Rejoindre le groupe Macif, c’est s’engager dans un Groupe qui place les femmes et les hommes au cœur de sa stratégie de développement.